15 mars 2008

SILLAGES

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Je suis né dans un port, et depuis mon enfance, 

J'ai vu passer par là des pays bien divers.

Attentif à la brise et toujours en partance,

Mon coeur n'a jamais pris le chemin de la mer.

Je connais tous les noms des agrès et des mâts,

La nostalgie et les jurons des capitaines,

Le tonnage et le frêt des vaisseaux qui reviennent

Et le sort des vaisseaux qui ne reviendront pas.

( Jean DE LA VILLE DE MIRMONT, L' Horizon chimérique )

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Montez, montez !

Je vous emmènerai de race en race,

Vous verrez tous les Orients,

Le Proche, le Grand, l' Extrème...

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Les mers de Chine, du Nord au Sud, sont des mers étroites,

des mers semées de traverses prévues ou imprévues,

telles que bancs de sable, îles, récifs, courants changeants et rapides,

mêmes évènements quotidiens dont le langage inarticulé

est clairement compris par les marins...

( Joseph CONRAD, Typhon, 1899 )

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Qui était cette Lia? demandé-je.

Une petite. On l'appelle encore Mietze.

C'est une créature de la nuit que j'ai connue et que j'ai perdue

il y a environ un mois de cela...

( Pierre MAC ORLAN, Mademoiselle Bambi )

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J'étais le pourvoyeur tenace de la ville,

celui qui joint les quais aux lointains continents.

Mes bras noirs se levaient encore contre le firmament

comme une affirmation tranquille de l' Empire.

J'ai déchargé du blé qui venait du Mexique,

des sacs de quatre-vingts dans les midis d'été,

du charbon, caboteur des petits ports anglais,

et des machines agricoles d' Amérique...

( Louis BRAUQUIER, Mort du Docker )

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Au-dessus du port, le ciel avait la tendresse d'un premier matin.

Une écume nette et vigoureuse nacrait le bleu de la mer...

( Daniel RONDEAU, Alexandrie )

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Un soir qu'il pleuvait sur Hambourg,

et que les nuages fantastiques

rassemblaient leurs bandes agressives dans la direction de la mer,

nous allâmes manger et boire à Altona,

devant l'Elbe mélancolique et gris de plomb.

( Pierre MAC ORLAN )

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Soyez bonnes ce soir aux hommes d'équipage

Qui descendent vers vous dans l'ombre de l'escale,

Avec des coeurs si lourds et de si doux langages

Etrangers, mots chantés dans les mâts de l'espace.

Soyez simples pour ceux que cette mer vous donne,

Et que leur solitude épouse votre mal,

Pour les hommes du Pont, pour ceux de la Machine,

Pour le novice ému du port méridional.

Ils dérivent au creux de ruelles impures,

Vers les bars internationaux de ce quartier

Vieux comme cet amour fleuri de meurtrissures

Sur lequel vient mourir le corps du monde entier...

( Louis BRAUQUIER, Le Bar d' Escale )

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Le FADO est né un jour quand le vent soufflait à peine

et que le ciel sortait de mer, sur le pont d'un voilier,

dans le coeur d'un marin qui était triste et qui chantait...

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Hardis moussaillons !!!

Reprenons tous en coeur le chant des Terre-Neuvas :

http://www.dailymotion.com/video/x4pur5_terres-neuvas_travel

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Posté par chiloedream5 à 19:01 - Permalien [#]